Santé mentale, bien-être et solutions naturelles

publié par Rémi Guédon, calendar_month

Résumé :

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière une diminution du bien-être mental des populations à travers le monde. En France, 53 % des personnes affirment que leur stress a augmenté depuis le début de la pandémie et 42 % des Français présentent des troubles du sommeil.

Dans le cadre de cet article, nous allons faire un état des lieux de la sensation de bien-être mental et de ses troubles tels que l’anxiété, le stress, et l’insomnie. Nous ferons un point sur des différentes approches et la naissance de la psychologie nutritionnelle, dont les premières méta-analyses montrent l’impact bénéfique du régime méditerranéen sur le bien-être mental.

Nous présenterons ensuite des approches naturelles à base de trois plantes aidant à maintenir un bien-être mental optimal, mais agissant également sur d’autres processus physiologiques. Elles sont utilisées depuis des siècles dans les traditions scandinaves, indiennes et chinoises. La première, la Rhodiola Rosea, est utilisée depuis des siècles en Russie et en Scandinavie pour maintenir les performances mentales et physiques au maximum. Elle était considérée comme un secret d’État soviétique pendant la guerre froide. La seconde est l’Ashwagandha, ou Withania Somnifera, utilisée en médecine traditionnelle indienne pour ses effets relaxants, comme son nom latin l’indique. La dernière, l’Astragale ou Astragalus membranaceus, est l’une des plantes majeures de la médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 2000 ans. On la retrouve dans la pharmacopée Shen Nunh, datant du 2e siècle av. J.-C.

1. État des lieux de l’état de bien être mental et de ses troubles : anxiété, stress et sommeil 

En 2016, une étude globale avance que 10,7 % de la population mondiale a des troubles de la santé mentale, soit 792 millions de personnes[1]. Cette analyse précise que 264 millions de personnes souffrent de dépression et 284 millions d’anxiété. La carte présente la prévalence des troubles de la santé mentale dans le monde et en Europe, en 2016.

Prévalence de troubles de la santé mentale dans le monde

La pandémie de COVID-19 a interrompu la prise en charge de troubles de la santé mentale dans 93 % des 130 pays évalués par une étude de l’OMS[2], de juin à août 2020. Elle souligne l’augmentation des niveaux de stress, d’anxiété, d’insomnie, de dépression et pointe du doigt le sous-financement de ces pathologies.

Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom a déclaré « Une bonne santé mentale est absolument fondamentale pour la santé et le bien-être en général ».

En France, plus d’un français sur deux a vu son stress augmenter pendant la pandémie. On note également une augmentation importante des troubles du sommeil[3]. Les dépenses de santé liées au stress sont de 7 milliards par an en France, contre 5 milliards pour les troubles du sommeil.

L’institut national de la santé et la recherche médicale (INSERM) confirme cette analyse en précisant un facteur de risque « les situations et événements de vie sont associés à un risque accru de dépression » et touche entre 15 et 20 % de la population, sur la vie entière[4]. L’INSERM précise qu’en plus des événements, du mode de vie et de prédispositions génétiques, des facteurs neurologiques entrent en jeu. Les neurotransmetteurs (ou neuromédiateurs) libérés par nos neurones peuvent influer sur nos émotions et les troubles du bien-être mental qui en découlent. Un dérèglement de certains de ces composants comme la dopamine, la noradrénaline, le GABA, la sérotonine ou le cortisol peuvent provoquer ou rendre chronique des troubles de la santé mentale.

2. Lutter contre les troubles de la santé mentale

2.1 Les traitements pharmacologiques

Aujourd’hui, les approches pharmacologiques à base d’antidépresseurs, d’anxiolytiques, et de médicaments psychoactifs sont les bases des traitements, mais ne permettent de soigner que la moitié des personnes[5]. De plus, l’augmentation de l’utilisation de ces traitements n'entraîne pas une diminution des cas dans les pays développés, suggérant le développement et l’utilisation d’autres stratégies et de méthodes prévention. Les psychothérapies et les thérapies cognitivo-comportementales présentent d’excellents résultats, mais sont limitées par le nombre de thérapeutes ainsi que le temps ou la volonté des patients. Les politiques de santé publique doivent continuer leurs efforts pour soutenir le développement de cette approche. De plus, nous conseillons à une personne déprimée, sujette à des crises de nervosité ou à un état anxieux de toujours prendre conseil auprès d’un médecin. En complément de ces approches, de nouvelles approches complémentaires montrent des preuves scientifiques et se développent, telles que la psychologie nutritionnelle[6].

2.2 L’essor de la psychologie nutritionnelle

En 2013, les résultats des premières méta-analyses de psychiatrie nutritionnelle sont diffusés[7]. Une méta-analyse est une analyse qui regroupe les résultats de plusieurs études cliniques ou épidémiologiques sur un sujet. Cette première méta-analyse conclut que, sur les 13 cohortes d’adultes analysées, une alimentation saine (fruits, légume, poisson, graines) entraine des risques moins importants de dépression. Depuis, une trentaine d’essais cliniques récents ont établi le lien entre dépression et alimentation chez l’adulte. Une des plus récentes, portant sur 117 229 adultes, montre qu’un régime méditerranéen, riche en fruits, légumes, huiles d’olive, graines et poissons entraine une diminution des risques de dépression[8].

D’autres articles scientifiques précisent que la consommation de poissons, magnésium, fer, zinc, millepertuis et valériane sont également associés à une amélioration du bien-être mental[9]. Des études cliniques montrent aussi l’effet positif du magnésium pour l'équilibre mental et pour le stress. Un article spécifique sera réalisé sur le magnésium et ses effets sur la santé.

Ces recherches permettent d’entrevoir de nouvelles approches pour accompagner la santé mentale. De plus, l’alimentation ou l’utilisation de compléments alimentaires permet d’améliorer l’équilibre psycho-émotionnel et de mieux gérer le stress. Les conséquences au niveau physiologique sont : une augmentation du stress oxydatif, un déséquilibre du microbiote ou de la plasticité neuronale [10, 11]. Par conséquent, une modification du régime alimentaire, et/ou la prise d’un complément alimentaire spécifique, peuvent aider à se relaxer, retrouver le sommeil et un bien-être psychologique [12]. Par exemple, et depuis 2400 ans, le millepertuis (et ses huiles) est l’une des approches naturelles privilégiées pour soutenir l’équilibre émotionnel. D’autres plantes issues d’une utilisation traditionnelle ancestrale possèdent de multiples bienfaits que nous allons développer.

3. L’efficacité millénaire de solutions naturelles issues de l’utilisation traditionnelle

Nous vous présentons trois plantes, les résultats d’études cliniques ou épidémiologiques ainsi que leur rôle sur le bien-être mental. Ces trois plantes sont adaptogènes, c’est-à-dire qu’elles induisent une amélioration de la résistance de l’organisme pour lutter contre les signaux de stress et s’y adapter[13]. Comment agissent-elles sur notre santé mentale ? 

3.1 La Rhodiola Rosea : tonique, résistance au stress, performances mentales et cognitives

La rhodiola rosea, aussi appelée racine en or « golden root », est une plante adaptogène historiquement utilisée en Scandinavie et en Russie. Elle est utilisée pour ses actions sur le stress émotionnel, la circulation sanguine et la santé gastro-intestinale. Elle est également utilisée pour ses effets toniques, stimulants, de résistance au stress physique ainsi que pour la productivité au travail et la mémoire[14].Durant la guerre froide, cette plante fut étudiée puis consommée par les soldats, athlètes et scientifiques russes, dans le but d’augmenter leurs performances physiques et mentales, avant de devenir accessible pour le reste du monde occidental. Elle contient plus de 140 composants, dont des flavonoïdes, des coumarines et des anthraquinones, lui procurant plusieurs actions physiologiques bénéfiques sur la santé.

Une méta-analyse de 2011, regroupant les résultats de 12 études cliniques, montre une amélioration des performances physiques et mentales par la rhodiola, y compris en cas de fatigue physique ou émotionnelle [16]. Cette méta-analyse conclut que la rhodiola à une action significative sur la performance physique et mentale, la fatigue et le stress. Son action physiologique est notamment liée à la diminution du taux d’hormone de stress chronique ou neurotransmetteurs, que sont la noradrénaline et le cortisol[17].

De plus, cette plante adaptogène est utilisée pour ses effets sur la circulation sanguine et la digestion. Ces bienfaits permettent de contribuer à prévenir les signes physiologiques liés aux troubles du bien être mental.

3.2 L’ashwagandha : relaxation, énergie, concentration, sommeil et anxiété

L’ashwagandha, ou withania somnifera, est l’une des plantes traditionnelles les plus utilisées en Inde, qui comme son nom latin l’indique, est particulièrement étudiée pour ses vertussur le stress[19]. Les principes actifs de cette plante adaptogène agissant sur la santé mentale sont : les alcaloïdes, les stéroïdes lactones et les saponines.

Une méta-analyse sur cinq études cliniques démontre une amélioration de la résistance de l’organisme au stress de l’ordre de 50 %, grâce à l’ashwagandha, par rapport au placebo[20]. Une méta-analyse de 2020 indique un soutien des fonctions cognitives et de l’attention[21]. De plus, l’ashwagandha entraine un effet calmant [22]. Son effet physiologique est également lié à la diminution de neurotransmetteurs du système GABA et cholinergique[23].

D’autres composés de l’ashwagandha agissent sur de nombreux processus biologiques tels que le système respiratoire, l'énergie, la santé de la peau et le système cardiovasculaire.

3.3 L’astragale : bien-être, antioxydant, tonique microcirculation, activité adaptogène

L’astragale ou astragalus membranaceus, est une plante majeure de la médecine traditionnelle chinoise, depuis plus de 2000 ans. Historiquement, elle est utilisée pour soutenir la circulation et le système vasculaire, ainsi que le système immunitaire. Concernant le bien-être, une étude clinique montre que l’astragale aide à soutenir les fonctions cognitives et entraîne une diminution de la fatigue grâce à son action tonique [25]. Une autre souligne que l’utilisation combinée d’astragale, de safran et de jonc améliore les fonctions cognitives et favorise le bien-être [26].

La racine est riche en nutriments essentiels comme : les polysaccharides, les saponines, les flavonoïdes, les vitamines A, E et C ainsi que certains minéraux et oligo-éléments (fer, zinc, potassium, calcium, magnésium…). Constituée de plus de 100 composés différents, cette plante adaptogène contribue au fonctionnement optimal de nombreux systèmes de notre organisme.

L’astragale soutient également les fonctions cognitives, et sa capacité antioxydante lui permet de protéger les cellules (dont les neurones) contre le stress oxydatif. Ce mécanisme de protection est principalement médié par les flavonoïdes et les saponines. De plus, les polysaccharides de l’astragale soutiennent des cellules du système immunitaire circulant dans le sang (les globules blancs) tels que les monocytes, les leucocytes tueurs et les macrophages[27]. Pour terminer, cette plante contribue à maintenir la mobilité et la flexibilité des articulations, stimule la mobilité des spermatozoïdes, aide à éliminer physiologiquement l’excès de fluide et contribue à l’équilibre physiologique des sucres.

Conclusion :

Pour répondre aux troubles du bien être mental, des produits naturels peuvent être une approche complémentaire aux traitements classiques. Ils peuvent soutenir les fonctions cognitives, psychologiques et améliorer la résistance de l’organisme à différents types de stress. Outre la psychologie nutritionnelle, nous vous présentons trois plantes ayant fait leurs preuves depuis des millénaires à travers plusieurs applications traditionnelles. Néanmoins, ces produits nutraceutiques ne se substituent pas au conseil d’un médecin ni à la prise de médicaments types antidépresseurs ou anxiolytiques.

Sources :

[1] Hannah Ritchie and Max Roser (2018) - "Mental Health". Published online at OurWorldInData.org. Retrieved from: 'https://ourworldindata.org/mental-health'
[2]https://www.who.int/news/item/05-10-2020-covid-19-disrupting-mental-health-services-in-most-countries-who-survey
[3] https://www.synadiet.org/sites/default/files/press/files/cp_synadiet_general_08122020_vd.pdf [4] https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/depression
[5] Jorm, A. F., Patten, S. B., Brugha, T. S., & Mojtabai, R. (2017). Has increased provision of treatment reduced the prevalence of common mental disorders? Review of the evidence from four countries. World Psychiatry, 16(1), 90-99.
[6] Sarris, J., Logan, A. C., Akbaraly, T. N., Amminger, G. P., Balanzá-Martínez, V., Freeman, M. P., ... & Nanri, A. (2015).The Lancet Psychiatry, 2(3), 271-274.
[7] Lai, J. S., Hiles, S., Bisquera, A., Hure, A. J., McEvoy, M., & Attia, J. (2014). The American journal of clinical nutrition, 99(1), 181-197.
[8] Li, Y., Lv, M. R., Wei, Y. J., Sun, L., Zhang, J. X., Zhang, H. G., & Li, B. (2017).  253, 373-382.
[9] Li, Z., Li, B., Song, X., & Zhang, D. (2017). Psychiatry research, 251, 41-47.
[10] Berk, M., Williams, L. J., Jacka, F. N., O’Neil, A., Pasco, J. A., Moylan, S.,… & Maes, M. (2013). BMC medicine, 11(1), 1-16.
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[12] Sarris, J., Murphy, J., Mischoulon, D., Papakostas, G. I., Fava, M., Berk, M., & Ng, C. H. (2016). . American Journal of Psychiatry, 173(6), 575-587.
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[27] Block, K. I., & Mead, M. N. (2003). Immune system effects of echinacea, ginseng, and astragalus: a review. Integrative cancer therapies, 2(3), 247-267.
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